Communiqué de l’Association Catholique des Infirmières et Médecins

Macron entre belles paroles et réalités

Ayant écouté avec attention les déclarations du président Macron à propos de la question du harcèlement des femmes, nous y avons trouvé une force de conviction et même fermeté du langage qui nous sort des baratins convenus et des discours politiques recopiés les uns sur les autres.

La cause est bien sûr bonne : les femmes battues, tuées, ou servant de gibier pour les hommes excités par les publicités et la pornographie ; le tout faisant de la femme un simple objet de soumission destiné à servir plus ou moins longtemps. Certaines étant les victimes de pratiques culturelles épouvantables et barbares comme l’excision. Nous suivrons donc volontiers et sans arrière-pensées le président sur ce terrain.

En revanche nous ne savons guère au nom de quoi le président condamne ces pratiques en se parant du faux-nez qu’est « la dignité » laquelle justifie l’euthanasie voire l’avortement. Bien sûr pas question de se référer aux commandements de Dieu disant que nous n’avons pas le droit de tuer ou de commettre l’adultère. Qu’est-ce donc que « la dignité » dans la tête du président sinon un slogan ? Quant à l’égalité, en regardant ma femme, je ne l’ai pas remarquée : elle est bien mieux que moi…

Mais surtout, il y a les non-dits de l’exposé. Ainsi l’usage de la pilule contraceptive donne une impunité au laxisme sexuel. Idem pour l’avortement. Aucune référence à l’amour humain don et reflet de Dieu. Battre une femme, la considérer comme un objet de consommation, n’est qu’un des aspects de Mai 68 qui prétendait « jouir sans entraves ».

Un autre non-dit est aussi la condition faite à la femme par l’islam. Il suffit de voir les atermoiements des politiciens face à la condition imposée à la femme au nom de la religion : mariages forcés, port du tchador, niqab et burka, répudiations, polygamie. Le président a mentionné des « formes culturelles » alors que ce sont des affirmations religieuses de type communautaires.

Autre oubli du président : la tenue vestimentaire de certaines femmes notamment sur les plages est tellement provocatrice qu’elle excite les hommes, surtout ceux du Moyen-Orient ; dans ces pays, même les prostituées n’en oseraient pas faire le quart. Ainsi ont été expliqués les viols perpétrés par les immigrants en Allemagne.

Un autre non-dit du président est de taille ; il s’agit l’incroyable progression de concernant la délinquance et la criminalité créant une ambiance à toutes les transgressions. Il n’y a pas que les femmes qui ont peur.

C’est beau de vouloir poursuivre devant les tribunaux ceux qui menacent les femmes, les insultent, les battent.  Mais Macron oublie ou ne connaît pas la réalité du terrain. Quel sera le sort d’une femme battue qui dénonce son bourreau ? c’est clair, au mieux elle se retrouvera dehors sans moyens d’existence, au pire elle risque sa vie. Nous voyons cela quand une femme renonce à l’avortement contre l’avis de son concubin : immédiatement il faut la protéger et la retirer de son circuit habituel de vie.

Alors, vouloir faire réprimer par la justice ces harcèlements tient du mirage. La police est surchargée de travail. C’est la raison pour laquelle les policiers se suicident. Par exemple, ils ne s’occupent plus depuis longtemps des délits afférents à la consommation de drogues plus ou moins dures. Toute plainte entraîne une paperasserie incroyable pour finalement arriver devant le procureur qui classe l’affaire ; si elle arrive devant le juge d’instruction ; celui-ci se contente de faire un rappel de la loi au délinquant. Si celui-ci est condamné, il ne fait pas sa peine. Nous avons entendu récemment qu’un délinquant avait déjà été condamné 48 fois. Ceux qui connaissent la vie des policiers savent bien que la notion de harcèlement est tellement floue que la police a autre chose à faire qu’essayer de décortiquer les motivations de celles qui s’en plaignent. Mr Macron avant de clamer martialement que tous ces délits seront poursuivis ferait bien de s’intéresser à la vie quotidienne des policiers et gendarmes. Là comme ailleurs, il fait des promesses et toujours des promesses. Et ensuite ?

Les propos de Macron ne sont vraisemblablement que vibrations de l’air.

Jean-Pierre Dickès