Mission 2016 : #2 L’étrange confession de Yolly !

Quand sa mère était encore jeune fille, celle-ci fut témoin à plusieurs reprises, d’une scène étrange. Une vieille femme venait pleurer devant son propre père en lui demandant de l’écouter ; elle le suppliait de construire une église dans sa propriété à côté de la jungle ; elle disait que c’était un ordre de la Bienheureuse Vierge Marie. Il ne l’a jamais écoutée. Il croyait que ces propos tenaient d’une illusion superstitieuse venant d’une femme analphabète. Au lieu de cela, il construisit une salle de danse où les jeunes se rassemblaient pour danser et jouer de la guitare, flûte, saxophone, ou trombones … Ce lieu de fête ne survécut pas à la guerre du Pacifique. Le grand-père de Yolly mourut en 1987 sans jamais imaginer qu’un jour, une église serait construite sur cette propriété. Plus curieux encore, le petit frère de Yolly vit passer dans la partie herbeuse un petit homme tout noir entouré de porcs. Il fut effrayé et se cacha dans la jungle toute proche. Il n’avait jamais vu de pygmée et s’imagina qu’il avait vu passer un diable. Très pieux, il pensa qu’il fallait construire une chapelle pour exorciser l’endroit. Yolly poursuit ainsi son histoire :

« Ma mère se sentait toujours triste quand elle se rappelait comment mon grand-père avait construit une salle de danse à la place d’une église ; mais pas une seule fois ensuite elle a pensé qu’un jour, une église serait en effet construite en cet endroit parce qu’elle ne disposait pas de moyens pour réparer la négligence de son grand-père. Ma mère m’a raconté cette histoire quand elle était jeune-fille. Pour elle, c’était une chose du passé, une faute regrettable de jugement, une erreur historique impossible à réparer en raison de la pauvreté familiale. » Yolly ajoute « Ma mère n’a jamais raconté cette histoire à personne et je crois que parmi mes neuf frères et sœurs, je suis la seule qui l’avait gardée dans son cœur. Sans qu’elle le sache, je partage cette histoire avec vous, Dr Dickès, pour vous exprimer ma sincère gratitude en nous donnant un endroit sublime où nous pouvons oser venir, sales et pauvres que nous sommes, devant l’auguste Dieu et roi et partager cette chose merveilleuse avec tous les gens aux alentours. Que Notre-Dame soit contente ! Que Dieu soit glorifié ! Que l’âme de mon grand-père repose en paix. Que vous-même soyez béni à jamais pour ce legs que vous nous faîtes à nous les pauvres. Amen. »

Dix années plus tard, la zone s’était urbanisée. Le Dr Dickès, complètement indépendamment de l’aide reçue de nombreux donateurs en faveur des malheureux et des malades, trouva deux personnes qui proposèrent un petit capital que la vie leur avait offert incidemment. Puis, naturellement des Philippins donnèrent aussi un peu d’argent : il n’y a pas que des pauvres dans ce pays. Puis se greffa sur le chantier de nombreux volontaires philippins qui s’investirent aussi avec courage dans la construction du bâtiment.

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