Mission : Jour 5 – Tacloban, la cité engloutie. Un an après

En février 2014, les volontaires avaient constaté les dégâts causés trois mois auparavant par le typhon Yolanda. En plus des soins médicaux, une équipe avait aidé à reconstruire quelques maisons, notamment la petite chapelle de la Fraternité Saint Pie X. Cette année, soit quinze mois après, nous pouvons voir quelques zones dégagées et des maisons en travaux : la vie peu à peu reprend ses droits, mais il reste encore un travail énorme.

Pour bien comprendre l’ampleur du cataclysme, il faut vous imaginer une tempête très violente, un vent avec des pointes de 300 km/h et une grande marée comme Saint-Malo même n’en a jamais connu. Entraînée par le tourbillon du typhon, une vague gigantesque arrive de l’est, grossit à vue d’œil en taille et en puissance, avant de s’abattre avec fracas sur la côte comme un rouleau compresseur, écrasant tout sur son passage, et entraînant dans sa furie les bateaux qui mouillaient près du rivage.

La ville de Tacloban est sur la zone la plus touchée : sur 1.8 million d’habitants, les survivants nous parlent de 20.000 morts. Les dégâts sont incalculables, et les conséquences inimaginables. Au-delà du traumatisme émotionnel, il faut s’armer de courage pour déblayer les rues, enterrer les morts, soigner les blessés, construire des abris de fortune, trouver de quoi se nourrir, et survivre quand même. Les plans de la Providence dépassent souvent l’intelligence humaine, ils permettent un plus grand abandon en la Toute-Puissance de Dieu. Nous admirons ces populations qui ne se révoltent pas, mais qui ont plutôt soif de recevoir les secours de la religion. Plusieurs ONG sont venues leur porter secours pour les aider à retrouver un minimum d’hygiène de vie.

Le colonel qui nous guide à travers la ville nous arrête d’abord devant la maison du Gouverneur de Leyte, où ont été prises les mesures importantes juste après le drame.

En avançant dans les rues, nous observons trois sortes de constructions : les plus solides qui ont résisté en partie au typhon, les ruines qui n’ont pas encore été relevées, et les abris de fortune bâtis à la va-vite. Le décor est moins sinistre que l’an passé, mais il y a encore beaucoup à faire.

Les images les plus impressionnantes sont celles des quelques bateaux encore échoués sur le rivage. La vague a eu raison des énormes engins qui gisent là, témoins muets d’un drame récent. Il faudrait déployer des moyens surhumains, et surtout beaucoup d’argent, pour les extirper de là.

De nombreuses ONG sont venues construire des villages de transition : ce sont environ 150 maisonnettes en bois de 10m2, avec trois pièces séparées par des tentures, une arrivée d’eau, mais pas d’électricité. Des familles de 5 à 8 personnes vivent dedans, ou plutôt se contentent d’y dormir.

Ces mini baranguay sont propres et bien faits, mais les gens vivent vraiment entassés les uns sur les autres. Le colonel et le capitaine de la base militaire locale nous ont emmenés voir un de ces « transitionnal shelters », et monsieur l’abbé Marcille a pu bénir 31 maisons. Il n’y a pas de mobilier, si ce n’est une paillasse, parfois un hamac, et quelques chaises en plastique. La décoration est faite de quelques peluches, publicités et images pieuses.

Par ailleurs, il y a encore beaucoup à faire : des zones entières sont toujours en ruine, beaucoup de personnes n’ont pas retrouvé de logement, et vivent dans la crainte d’une prochaine catastrophe…

Le docteur Dickès constate que, contrairement à l’an passé où les patients souffraient surtout de troubles psychosomatiques suite au typhon, ils développent cette année de nombreuses maladies en lien avec leur condition de vie bien trop précaire.

Amis lecteurs et bienfaiteurs, les Philippins vous remercient pour tous les nombreux dons que vous avez faits l’an passé quand vous avez appris la catastrophe ; et bien sûr, ils remercient d’avance ceux qui continuent à aider régulièrement l’œuvre missionnaire de Rosa Mystica !

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