Mission : Jour 4 – Un magnifique dévouement

Cette année, c’est la première fois que nous avons dix nationalités différentes parmi les volontaires : en plus des Philippines et de la France, sont représentés la Malaisie, le Vietnam, Singapour, la Suisse, l’Allemagne, l’Irlande, l’Australie et les Etats-Unis. Beaucoup de médecins et infirmières ont fermé provisoirement leur cabinet ou réservé dix jours de leurs vacances pour venir exercer bénévolement leur métier auprès du peuple philippin.

Le docteur Dickès et son épouse fêtent déjà leur dixième mission, nous en profitons pour leur adresser ici un hommage tout particulier : sans le zèle et l’investissement de Jean-Pierre, sans le dévouement à toute épreuve de Bernadette, cette mission n’existerait pas. Ils y travaillent toute l’année, font des conférences à travers toute la France, publient régulièrement des articles pour récolter les fonds nécessaires. Salamat pô !

Aujourd’hui, la chaîne de soins se met en place plus facilement ; chacun connait le rôle qui lui est attribué. Le barrage de la langue multiplie parfois les étapes : à la pharmacie par exemple, il faut une pharmacienne (Brigitte est la seule, avis aux bonnes volontés) ou une infirmière pour distribuer les médicaments aux patients ; mais plusieurs de ces derniers parlent mal anglais, ou ne comprennent pas notre accent à la française. Aussi l’infirmière doit-elle expliquer les posologies à un interprète anglais-tagalog qui les répète ensuite aux malades. Inutile de vous dire que tout cela est très long, les gens qui viennent passent bien plus de temps à attendre qu’à être soignés.

Du côté des médecins généralistes, les maladies sont plus variées que l’an passé. Certaines peuvent se guérir correctement, tandis que d’autres sont prises trop tard : ainsi, une femme qui vomit du sang a la tension tellement basse qu’elle manque de s’évanouir devant le docteur Roxane. Envoi d’urgence à l’hôpital pour prise en charge immédiate : son pronostic vital est engagé. D’autres malades souffrent de kystes ou de plaies mal soignées. Nous avons installé cinq box de fortune pour les interventions chirurgicales simples. L’hygiène est très précaire, sachant que la stérilisation des instruments ne peut se faire qu’à l’autre bout du bâtiment, dans une boîte métallique, sur le petit réchaud qui sert à faire bouillir l’eau du thé…

Quant au soin des âmes, il se poursuit toute la journée grâce à messieurs les abbés Stehlin et Marcille. Les gens sont souvent plus superstitieux que pieux, n’ayant pas reçu de solide formation religieuse ; ils embrassent dévotement leur chapelet, mais ne prennent pas pour autant la résolution de le réciter quotidiennement. Nos prêtres missionnaires sèment le bon grain, prient pour eux, et puis… à la grâce de Dieu !

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